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Mardi 13 février 2007

"A quoi ça sert la philosophie?" se demande-t-on parfois. "A rien???!!!". A cela, je répondrai : "à quoi sert l'amour ou l'amitié dans une vie ?" ...."A rien !!!????" A moins de réduire l'amour à sa satisfaction sexuelle, et donc à ne rien comprendre à l'amour ; à moins de réduire l'amitié à une simple satisfaction narcissique (aimer que les autres vous aiment) et donc à ne rien comprendre à l'amitié. Ou encore, "à quoi ça sert de penser, de se servir de sa tête???" "A rien?!?!? Sinon ne pas gober bêtement les stupides et grossières manipulations des médias, ou comprendre que passer à la star ac' ou à pop star ne peut constituer un idéal de vie, un sens à une vie...hein? Un sens à sa vie???

Se poser la question "à quoi ça sert?" c'est faire de la philosophie. "A quoi ça sert de vivre?" "Qu'est-ce qu'il faut faire pour donner un sens à sa vie? Faire de la philosophie pour les grecques de l'antiquité, c'était prendre "soin de son âme", c'est-à-dire trouver une réponse à la question : "à quoi ça sert de vivre?".

Proposer une réponse, c'est faire de la philosophie. Les nihilistes diront qu'il n'y a pas de réponse ; les cyniques, à se reproduire et s'entretuer ; les croyants, à se rendre digne du paradis ; les nietzschéens, à vivre le plus intensément possible ; les fainéants, à ne rien faire ; les platoniciens, à trouver l'amour...la réponse que vous apporterez sera ce qui pour vous rend la vie digne d'être vécu.

Débattre de la réponse, c'est faire de la philosophie. Tenter de convaincre l'autre (parce que je ne suis pas indifférent à son sort) de la justesse de notre réponse, c'est faire de la philosophie. Parce que je veux si sauver mon âme (trouver un sens à ma vie), je veux aider les autres à sauver la leur (exhiber le sens de la viepour tous).

J'espère que plusieurs d'entre vous se sont rendus compte, en lisant cela, qu'ils sont philosophe...en fait.    

Par Wilfried Mathurin - Publié dans : REMARQUES MELEES
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Mardi 13 février 2007

L'interdiction de fumer au sein des établissements scolaires (et surtout celui de Briacé) est-il une atteinte aux droits de l'homme? Pour beaucoup, cette interdiction est une limitation brutale, injustifiée de votre liberté naturelle. "J'ai le droit naturel, inaliénable, universel de réaliser toutes les actions que je veux à partir du moment où elles ne nuisent pas aux autres" dites-vous. Vous rajoutez : "or, il y avait un coin fumeur où ne vont que les fumeurs, donc l'argument du tabagisme passif ne tien pas, le fait que nous fumions ne nuisait à personne d'autres qu'à nous"..."Or, j'ai le droit de réaliser des actes qui sont nocives pour moi". L'argumentation est intéressante. Ceux qui la soutiennent se placent dans une tradition politique libérale : la chose la plus fondamentale, c'est la liberté individuelle et l'état n'a pas le droit de la limiter. Très bien. Seulement, c'est insuffisant. Nous sommes dans un établissement scolaire, vous êtes en majorité mineurs, donc nous sommes obliger de vous empêcher de mal agir, de vous protéger contre vous-même. Et les élèves majeurs me direz-vous? Et bien, dans l'établissement, il a été choisi de ne faire qu'une seule règle : personne ne fume. Ainsi pas de privilège (les profs n'ont pas le droit de fumer non plus), ni règlement à deux vitesses, une pour les majeurs, une pour les mineurs. A tout le monde la même règle, c'est ça la justice. Cependant, si ce que je vous dis est théoriquement bien joli, dans la pratique, l'interdiction est "un peu" difficile à faire respecter. Que faire alors???? Qu'en pensez-vous ? Que proposez - vous?

Par Wilfried Mathurin - Publié dans : REMARQUES MELEES
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Mardi 13 février 2007
"Une chose n'est pas nécessairement vrai parce qu'un homme meurt pour elle" O. Wilde. Partout, dans le monde, les hommes luttent pour une cause qu'ils ont choisie : lutte contre la peine de mort, pour la régularisation, pour la sauvegarde de l'environnement, contre l'avortement, pour .....Ils ont choisis une cause qu'ils entendent défendre parfois jusqu'à la mort. Ils sont déterminés par ce que Weber aurait appellé l'éthique de la conviction. Mais le sacrifice ne doit tromper personne. Ce n'est pas une preuve de vérité que de mourir pour une cause. On peut mourir pour défendre queque chose de faux. D'ailleurs Galilée lui-même ne s'y trompa pas et abjura sa thèse héliocentriste au profit du géocentrisme de l'église, même s'il avait raison. La vérité ne vaut pas le sacrifice d'une vie. Alors que dire de celui qui choisit de mourir au nom d'une erreur. Souvenons-nous que du haut des tours du WTC (les terroristes suicidaires d'Allah), aux soldats occidentaux au moyen orient (la coallition contre le terrorisme mondial), on meurt peut-être pour de faux idéaux : "une boucherie héroïque" pour des malentendus...
Par Wilfried Mathurin - Publié dans : REMARQUES MELEES
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Mercredi 6 décembre 2006

Encore une soirée où la jeunesse France
Encore elle va bien s'amuser puisqu'ici rien a de sens
Alors elle va danser faire semblant d'être heureux
Pour aller gentiment se coucher mais demain rien n'ira mieux

 

 

Puisqu'on est jeune et con
Puisqu'ils sont vieux et fous
Puisque des hommes crèvent sous les ponts
Mais ce monde s'en fout
Puisqu'on est que des pions
Content d'être à genoux
Puisque je sais qu'un jour nous gagnerons à devenir fous

 

 

Encore une soirée ou la jeunesse France
Encore elle va bien s'amuser dans cet état d'urgence
Alors elle va danser faire semblant d'exister
Qui sait si l'on ferme les yeux on vivra vieux

 

 

Damien Saez, Jeune et con

 

 

On peut faire le parallèle entre ce texte et celui de Pascal sur l’impossibilité temporelle d’être heureux (ici entre le dégoût du présent et l’espoir dans l’avenir) et sa thèse sur le divertissement (comme stratégie de détournement de l’ennui et de la solitude). Partagez – vous ce pessimisme ?????

 

Par Wilfried Mathurin - Publié dans : EXERCICES DE REFLEXION
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Mercredi 6 décembre 2006

Euathlos est pauvre et veut pourtant devenir l’élève de Protagoras le sophiste et apprendre la rhétorique. Protagoras fait payer cher ses leçons. Il accepte à une condition : Dans le cas où, après avoir appris auprès de Protagoras, Euathlos gagne son premier procès, il devra aussitôt lui rembourser ce qu’il lui doit. Cependant, s'il perd son premier procès, il faudra avouer que l'enseignement de Protagoras n'a pas porté ses fruits et dans ce cas, Protagoras ne doit plus rien réclamer à son ancien élève.

Jusque là, tout va bien. Or Euathlos quitte le droit pour faire de la politique. Protagoras l’assigne en procès. Si Protagoras gagne le procès, il recevra de l’argent. Mais si c’est Euathlos que gagne le procès, il devra aussi le payer, comme il était convenu plus haut. Dans les deux cas Protagoras se rembourse. Or, Euathlos est assez futé pour rétorquer : « si je perds ce procès, d'après notre accord je ne te dois rien, mais si je le gagne, je ne te dois rien non plus d'après le jugement !». 

A-t-il raison de dire cela? Pourquoi?

Par Wilfried Mathurin - Publié dans : EXERCICES DE REFLEXION
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